” Papa: un mot fort pour d’autres mais qui ne veut rien dire pour moi”

Je n’ai jamais compris ce que veut dire le mot “papa”. Je sais que j’avais toujours eu un homme dans ma vie depuis l’enfance que j’appelle papa mais, ce mot ne signifie rien pour moi. Qui peut me juger sans connaitre ma vraie histoire,  qui peut me pointer du doigt sans connaitre mes souffrances? On me conseille toujours de pardonner et d’oublier mes pires moments vécus mais aucune personne ne connait la profondeur de mes peines. J’aimerais bien pardonner un homme qui m’a privé de l’amour parternel, de sa présence et m’a enlevé l’amour que j’ai eu pour lui depuis mon enfance. Pour moi, la fête des pères n’existe pas.

Je ne parlais jamais de ma famille et pourtant je souffrais énormément de l’absence de mon père… Il était là mais ne prenait jamais soin de nous, veiller sur nous ni même nous prendre un jour dans ses bras pour nous dire qu’il nous aimait. Quelle image je possède réellement de l’homme qui a fait don de son sperme à ma mère? Vous allez dire que je suis cruelle d’avoir utiliser ces mots,  et bien oui,  je suis cruelle et même pire encore. Ce que j’ai vécu a été difficile, grâce à mes souffrances j’ai eu autant de maitrise dans la vie… C’est au contraire cette absence émotionnelle qui a motivé ma hargne et ma combativité à partager l’amour.

Comment honorer un homme qui m’a fait tant de mal,  tant de peines dans ma triste existence. Comment penser une seconde à cette personne qui m’a autant brisé le coeur que des inconnus. Je voulais lui parler après chaque journée d’école,  qu’il me prenne dans ses bras et me rassure mais il n’était jamais à la maison… J’ai passé des jours à l’attendre sur le perron de la maison pour lui parler de mes craintes,  pour lui demander conseils,  croyez moi,  il ne rentrait quotidiennement qu’après minuit et partait tôt le lendemain. J’ai toujours voulu l’amour parternel mais je n’ai rien obtenu. Son absence a été l’une des pierres sur laquelle j’ai bâti ma personnalité.

Pour avoir une présence parternelle dans ma vie,  je me rendais souvent chez quelqu’un pour admirer son mari qui prenait soin de ses enfants, il travaillait dur pour les élever,  les gâter et veiller constamment sur eux. Moi,  je n’ai jamais eu droit à un père présent ni même à un père tout court. Si on demande à cet homme en quelle année nous avions eu nos baccalauréats et terminé nos études,  il restera muet… S’il n’était pas mort,  ses enfants devriont lui honorer pour tout ce qu’il a fait pour eux. Il n’était pas comme le mien ni un savant mais, il prenait ses responsabilités et faisait en sorte que sa famille aille mieux. J’étais toujours là lorsqu’il rentrait chez lui pour passer du temps avec ses gosses,  partageant des moments de fou rire avec nous. Il était un père, un ami et un grand homme par dessus tout. C’est par lui et d’autres hommes que j’ai appris ce qu’était un père réellement.

J’ai beaucoup souffert de l’absence de mon père… Il oubliait à l’époque que nous existions vraiment,  il voyageait,  prendre du bon temps avec d’autres gens,  gaspillait son argent et avec nous,  il n’a jamais prit ses responsabilités. A chaque fois que mes camarades parlent de leur père,  mon coeur saigne. Je voulais avoir un héros mais j’en avais qu’une héroïne,  oui ma mère, elle a pris soin de nous sans se plaindre,  affronter tous les obstacles du quotidien pour faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Gloire à la reine!

Ce manque aigu continue de me ravager,  une partie en moi n’est jamais comblée… Cette blessure affective et émotionnelle était difficile à gérer mais j’arrive à me construire et à mettre de côté cette absence douloureuse. On parle souvent différentes formes d’abandons,  mais pour moi mon père nous a laissé émotionnellement et physiquement en laissant seule ma mère subvenir à notre éducation et à nos besoins. Elle a fait de son mieux pour nous aider à en arriver là où nous sommes, c’est notre magicienne.

Je n’ai jamais pu montrer mes émotions aux gens,  même si je souffre personne ne saura rien… Je me referme,  je ris et tout le monde croit que tout va bien dans ma vie. Je ne sais pas pourquoi je suis très solitaire mais depuis toute petite,  je jouais toujours seule dans ma chambre,  je me sentais confortable avec mes jouets sans personne pour me contrarier. J’ai gardé les mêmes principes en grandissant et ma solitude se consolide… Mon frère et soeurs lui ont pardonné et veillent sur lui,  moi j’essaie et je n’arrive pas à passer à autre chose. Ma rancune me fait défaut. 

C’est mon père, j’en suis pas trop sûre… Pas fière d’avoir porté son nom,  je veux changer de nom et passer à autre chose une bonne fois pour toute. L’effacer de ma vie pour pouvoir avancer. Cette partie de ma vie,  mes souvenirs du passé me hantent constamment. Je suis désolée frère et soeurs,  cousins et cousines mais je dois penser à moi-même aujourd’hui et fermer définitivement cette partie de ma vie. Vous ne m’avez jamais posé la question,  mais je vais mal et si je me referme trop,  il y a des gens bien que je vais perdre dans ma vie. Je peux lui pardonner un jour, mais, il ne fera jamais partie intégrante de ma vie 

Par Esther V. (Bibi toutan)

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